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Les plats roumains à absolument goûter — guide honnête de la gastronomie à Bucarest

Les plats roumains à absolument goûter — guide honnête de la gastronomie à Bucarest

La cuisine roumaine est réellement sous-estimée dans la conversation gastronomique européenne, en partie parce que le tourisme international en Roumanie a historiquement mis l’accent sur les châteaux et le communisme plutôt que sur ce qu’il y a dans l’assiette. À Bucarest, vous trouverez un mélange de cuisine traditionnelle authentique, d’un nombre croissant de restaurants roumains modernes intéressants, et des inévitables adresses touristiques de la Vieille Ville qui servent des versions correctes de tout à des prix majorés. Ce guide vous aide à naviguer.

Les plats essentiels

Mici (roulades de porc grillées)

La chose la plus roumaine que vous puissiez manger. Les mici — prononcez « meetch » — sont des roulades de viande hachée de la taille d’un doigt (typiquement porc, bœuf et agneau avec ail, thym et poivre noir), grillées directement sur des braises jusqu’à obtenir une surface dorée et un intérieur juteux. Ils se servent avec de la moutarde et du pain, et se mangent debout à un stand ou assis en terrasse en quantités significatives.

L’endroit par excellence pour manger des mici à Bucarest est le Parcul Tineretului ou le Parc Herăstrău un week-end ensoleillé — les habitants les font griller chez eux ou aux grils du parc. Pour une version au restaurant, le Caru’ cu Bere (Strada Stavropoleos, Vieille Ville) en sert, bien qu’aux tarifs touristiques. Une portion de 6 mici coûte généralement 25 à 35 RON (~5 à 7 €).

Ne pas confondre avec : les cârnați (saucisses), qui sont aussi bons mais différents.

Ciorbă de burtă (soupe aux tripes)

Elle mérite une mention spéciale car la description — « soupe aux tripes » — rend la plupart des non-Roumains hésitants. À tort. Une ciorbă de burtă bien préparée est une soupe légèrement aigre, enrichie à la crème, avec des lamelles de tripes de bœuf, du vinaigre et de l’ail ajoutés à table. La texture est soyeuse ; la note acide est distinctive et agréable une fois passé le scepticisme initial. Elle est traditionnellement considérée comme le meilleur remède contre la gueule de bois en Roumanie, ce qui est une recommandation à sa façon.

Vous la trouverez dans presque tous les restaurants servant de la cuisine roumaine. Comptez 25 à 40 RON (~5 à 8 €). Une version au poulet (ciorbă de pui) est aussi courante et moins déroutante.

Sarmale (choux farcis)

Les choux farcis roumains — porc haché et riz roulés dans des feuilles de chou fermenté ou de vigne, puis cuits lentement avec des tomates, du thym et de la viande fumée. La version aux feuilles de chou fermenté (en varză murată plutôt qu’en feuilles fraîches) est la préparation hivernale ; la version estivale utilise des feuilles fraîches et a un caractère plus léger.

Les sarmale se servent traditionnellement le dimanche, lors d’événements familiaux et à Noël. Dans les restaurants, ils accompagnent de la crème fraîche et de la polenta (mămăligă). C’est l’un des plats les plus réconfortants de la cuisine roumaine ; les versions touristiques peuvent être trop grasses, cherchez donc des restaurants qui les font maison plutôt que réchauffés.

Mămăligă (polenta)

Bien plus qu’un accompagnement dans la cuisine roumaine — la mămăligă est une institution culturelle. Porridge de farine de maïs cuit à la consistance onctueuse, servi généralement avec les sarmale, les tocane (ragoûts) ou simplement nappé de fromage de brebis (brânză de burduf) et de crème fraîche. La version grillée jusqu’à former une croûte est particulièrement bonne.

Dans les restaurants traditionnels, elle apparaît comme accompagnement automatique. Dans les restaurants modernes, elle peut prendre des formes plus élaborées — frites de mămăligă, galettes de mămăligă, etc. Le format traditionnel est meilleur.

Papanași (beignets frits)

Le dessert le plus commandé dans les restaurants roumains, et pour cause. Deux épais anneaux de pâte frite — l’un grand, l’autre petit — servis chauds avec de la confiture de griottes et de la crème fraîche épaisse. Ils sont plus denses qu’un beignet d’Europe occidentale, la confiture est acidulée plutôt que sucrée, et la crème fraîche coupe le gras.

Chaque restaurant roumain en propose ; la qualité varie. La version du Caru’ cu Bere est sûre pour les touristes. Une adresse appréciée des locaux pour les papanași : les petits restaurants le long de la Strada Lipscani dans la Vieille Ville en servent pour environ 22 à 30 RON (~4 à 6 €).

Cozonac (brioche)

Pas un plat de restaurant mais une pâtisserie que l’on trouve partout en Roumanie à Pâques et à Noël, et dans les boulangeries toute l’année. Une brioche levée sucrée similaire au challah ou au brioche, avec une garniture soit de noix (nucă) soit de cacao et de raisins. Excellente chaude à la sortie de la boulangerie. Trouvez-la à la Crama Domnească (Vieille Ville) ou dans n’importe quelle pâtisserie dédiée.

Plăcintă (pâtisserie fourrée)

L’équivalent roumain de la pâtisserie salée ou sucrée — fine pâte farcie de fromage (brânză), de pomme de terre, d’épinards ou de cerise sucrée, frite ou cuite au four. Disponible aux stands de street food et aux vendeurs des marchés pour 8 à 15 RON (~1,50 à 3 €). La version au fromage sucré (cu brânză dulce) est le point de départ standard.

Boissons : ce qu’il faut savoir

Tuică et pălincă : la tuică est l’eau-de-vie de prune roumaine, généralement à 40 % d’alcool ; la pălincă est l’équivalent transylvanien, souvent plus fort (50 à 60 %). Elle est proposée en apéritif dans la plupart des restaurants traditionnels. Ne vous sentez pas obligé d’en commander, mais un petit verre avant un repas est la coutume locale.

Vins roumains : la région de Dealu Mare, à environ 1h30 de Bucarest, produit certains des meilleurs vins rouges de Roumanie — en particulier le Feteasca Neagră (un cépage roumain natif aux arômes de fruits noirs et de terre) et le Cabernet Sauvignon. Le vin roumain est significativement sous-tarifé par rapport à sa qualité. Une bonne bouteille de Feteasca Neagră de Dealu Mare dans un restaurant coûte 50 à 90 RON (~10 à 18 €). Notre guide des vins roumains détaille les régions.

Bière : la Roumanie dispose d’une scène artisanale respectable concentrée à Bucarest — la brasserie Hop Hooligans (basée à Bucarest) produit des bières artisanales bien considérées disponibles dans les meilleurs bars. Les principales lagers commerciales sont Ursus, Timișoreana et Ciuc.

Où manger à Bucarest : au-delà du circuit touristique

Caru’ cu Bere (Strada Stavropoleos 5, Vieille Ville) : une brasserie emblématique de 1879, avec des vitraux extraordinaires et un intérieur de style gothique. La cuisine est correcte mais secondaire par rapport au décor. Les prix sont touristiques mais le cadre justifie un repas. Réservez à l’avance.

Vatra (plusieurs adresses) : une petite chaîne de restaurants roumains servant une cuisine traditionnelle sans trop de mise en scène. Sarmale, ciorbă, mici — qualité fiable à prix honnête. L’adresse de Floreasca tend à être plus tranquille que les adresses centrales.

Lacrimi și Sfinți (Strada Sfântul Ion Nou 1) : le restaurant roumain le plus innovant actuellement à Bucarest, utilisant des ingrédients traditionnels dans des formats modernes. Les prix sont plus élevés (plats principaux 80 à 140 RON/~16 à 28 €) mais c’est une cuisine réellement créative. Réservez à l’avance ; espace réduit.

Berăria H (Parcul Herăstrău) : une grande terrasse-brasserie dans le Parc Herăstrău qui fonctionne principalement comme un lieu de boisson mais sert également de bons mici, viandes grillées et accompagnements traditionnels. Mieux pour les groupes ; bruyant mais authentique à sa façon.

Le marché d’Obor : le principal marché couvert au nord-est du centre. Pas un restaurant, mais un endroit pour acheter de vrais produits roumains — légumes marinés, farine brute pour la mămăligă, brânză fraîche, bonnes viandes fumées. Vaut la visite pour comprendre comment se présente le système alimentaire sous la couche des restaurants.

Notre guide des restaurants à Bucarest propose des recommandations plus précises par quartier.

Ce qu’il vaut mieux éviter (ou où être prudent)

La Vieille Ville compte des restaurants qui font beaucoup de marketing auprès des touristes, facturent au-dessus du marché et proposent des versions médiocres de plats traditionnels. Le signe révélateur : du personnel activement à l’extérieur sur le trottoir vous invitant à entrer. Ce ne sont pas nécessairement des arnaques (voir notre guide des arnaques dans les bars de la Vieille Ville), mais c’est rarement là où vous mangerez la meilleure cuisine roumaine.

Évitez les menus qui n’affichent pas les prix — c’est un signal d’alarme dans tout restaurant. Vérifiez si un supplément de service est automatiquement ajouté avant de calculer un pourboire.

Une visite gastronomique de 4 heures dans la Vieille Ville couvre plusieurs de ces plats à la suite et vous donne un guide capable d’expliquer le contexte culturel — un bon investissement pour le premier jour d’un voyage axé sur la gastronomie.

Questions fréquentes sur la cuisine roumaine à Bucarest

Quel est le plat national de la Roumanie ?

Il n’y a pas de plat national officiel unique, mais les sarmale (choux farcis) sont les plus chargés culturellement. La mămăligă (polenta) est suffisamment omniprésente pour fonctionner comme aliment de base national. Les mici sont le street food national non officiel.

La cuisine roumaine est-elle épicée ?

Non. La cuisine roumaine utilise des herbes aromatiques — thym, laurier, aneth, livèche (leuștean, qui apparaît dans de nombreuses soupes) — plutôt que des piments. Le profil gustatif est savoureux et robuste, mais pas épicé.

Qu’est-ce que la tuică et faut-il en essayer ?

La tuică est l’eau-de-vie de prune roumaine, généralement à 40 à 50 % d’alcool. Elle est proposée en apéritif dans les restaurants traditionnels. Si vous aimez les spiritueux, oui — elle est intéressante et culturellement significative. Sinon, un poli « nu, mulțumesc » (non, merci) est accepté sans insistance.

Où peut-on trouver un cours de cuisine à Bucarest ?

Plusieurs opérateurs touristiques proposent des cours de cuisine roumaine de 2 à 4 heures, couvrant des plats comme les sarmale, les papanași et la mămăligă. Ils se tiennent généralement dans des cuisines privées ou des espaces d’enseignement de restaurants et incluent un repas. Réservez sur des plateformes de voyages réputées et vérifiez le programme.

Quel est le goût du vin roumain ?

Les vins roumains varient considérablement selon la région. Le Feteasca Neagră de Dealu Mare tend vers les fruits noirs, la terre et les tanins modérés — comparable à un Malbec léger ou à un Barbera d’Asti. Les vins blancs, notamment le Feteasca Regală, sont floraux et relativement légers. Le vin roumain est régulièrement sous-tarifé par rapport à sa qualité et mérite d’être exploré.

Existe-t-il une culture végétarienne à Bucarest ?

En développement, mais pas aussi établie que dans les capitales d’Europe occidentale. Le jeûne religieux orthodoxe (post) signifie que des versions végétariennes et véganes de nombreux plats traditionnels existent, et les menus de carême (mâncare de post) dans les restaurants traditionnels sont en fait excellents — sarmale farcis au riz et aux champignons, mâncăruri de legume (plats de légumes), tochitura de legume. La notion d’alimentation végétarienne comme préférence diététique plutôt que pratique religieuse est plus récente, mais la scène des restaurants modernes de Bucarest a rattrapé son retard.