Brașov
Guide complet de Brașov, porte médiévale de la Transylvanie : l'Église Noire, la rue de la Corde, le ski à Poiana Brașov et les châteaux à 30 km.
Bucharest: Excursion to Dracula's castle with lunch included
En bref
- Distance de Bucarest
- ~166 km, ~2h45 par la route
- Altitude
- 600 m — sensiblement plus frais que Bucarest
- Meilleures périodes
- Mai–sep (été) ; déc–mars (ski)
- Jours nécessaires
- 1 journée ou 2 nuits pour explorer vraiment
En bref : Brașov est à 2h45 de Bucarest et constitue une excursion d’une journée tout à fait confortable — ou une meilleure base pour la nuit si vous voulez explorer les châteaux environnants. Le centre médiéval est genuinement bien conservé et praticable à pied ; les collines se resserrent de tous côtés, donnant à la ville des airs d’enclave montagnarde. L’accès à la plupart des sites est peu onéreux : l’Église Noire coûte 20 RON ; le téléphérique vers Tampa est à 35 RON aller-retour.
Le cœur médiéval : ce qu’il faut vraiment voir
La vieille ville (appelée Kronstadt sous domination habsbourgeoise) est centrée sur la Piața Sfatului — une vaste place encadrée de bâtiments des XVe–XVIe siècles. La Maison du Conseil (Casa Sfatului) au milieu abrite désormais un musée d’histoire. La place elle-même est l’endroit où les Saxons — la communauté allemande de Transylvanie qui a bâti la ville — exerçaient leur gouvernance. À savourer en 30 minutes de flânerie tranquille.
L’Église Noire (Biserica Neagră) en est le joyau — la plus grande église gothique du sud-est de l’Europe, construite entre 1383 et 1477. Elle noircit après l’incendie de 1689 déclenché par l’armée habsbourgeoise. L’intérieur renferme l’une des plus grandes collections de tapis anatoliens d’Europe (donnés par des marchands de Brașov) et un orgue de 4 000 tuyaux. Entrée 20 RON ; fermée le dimanche jusqu’à 12h.
La rue de la Corde (Strada Sforii) est célèbre comme l’une des rues les plus étroites d’Europe (1,11–1,35 m de large). À parcourir une fois et c’est fait — les photos Instagram la font paraître plus spectaculaire qu’elle n’est.
Le quartier Schei : le quartier où vivait la population roumaine en dehors des remparts saxons (les Roumains étaient historiquement exclus de la ville fortifiée). L’église Saint-Nicolas (1495) et la Première École Roumaine (Prima Școală Românescă, 1495 — aujourd’hui musée, 10 RON) valent 45 minutes.
Tampa et les remparts
Le téléphérique (telecabina) vers le sommet de Tampa (960 m) fonctionne toute l’année et coûte 35 RON aller-retour ; au sommet, on embrasse la ville, la crête des Carpates et, par temps clair, la vallée du château de Bran à 30 km au sud. Alternativement, le sentier pédestre derrière l’Église Noire monte en 45 minutes.
La Tour Noire et la Tour Blanche (Turnul Negru, Turnul Alb) sont des sections accessibles du rempart médiéval — les vues sur les toits sont par endroits supérieures à celles depuis Tampa. Accès libre ; 15 minutes à pied depuis la place principale.
Brașov comme base pour les châteaux
Brașov est plus pratique que Bucarest comme point de départ pour un séjour axé châteaux :
- Château de Bran : 28 km au sud-ouest, 30 min en voiture.
- Forteresse de Râșnov : 15 km au sud, 20 min — sur la même route que Bran.
- Château de Peleș à Sinaia : 45 km au sud, 45 min en voiture.
- Viscri : 80 km au nord, 1h15 — combiné avec Sighișoara pour une longue journée.
Depuis Bucarest, on peut aussi réaliser la combinaison phare en une journée. Le circuit Bran + Peleș + Brașov avec déjeuner part de Bucarest vers 08h et rentre vers 20h — 9 à 10 heures mais faisable. Une version légèrement moins chargée est le circuit Peleș + Brașov + château de Bran qui supprime le déjeuner pour consacrer plus de temps aux châteaux.
Si vous planifiez votre propre itinéraire en voiture, consultez notre guide Bran + Peleș + Brașov en une journée.
Poiana Brașov : la station de ski
Poiana Brașov (base à 1 020 m, sommet à 1 800 m) est la station de ski la mieux équipée de Roumanie — 12 pistes, enneigement artificiel à 100 %, remontées modernes. Par rapport aux standards alpins, c’est modeste (piste la plus longue : 5 km) ; par rapport aux standards roumains, c’est la référence. Un forfait journée coûte 230–280 RON (45–55 EUR). Le bus 20 depuis le centre met 30 min ; les taxis environ 50 RON.
En été, Poiana Brașov fonctionne comme base de randonnée — le télésiège vers Kanzel (1 285 m) fonctionne toute l’année et des sentiers rejoignent le massif des Bucegi.
Rejoindre Brașov depuis Bucarest
En train : CFR propose 10+ départs quotidiens depuis la Gare du Nord. Durée : 2h10–3h selon le service. Les trains InterCity (IC) et InterRegio sont confortables ; le Regio (régional) est plus lent et bruyant. Billets en ligne sur cfrcalatori.ro ou en gare. Prix : 50–80 RON l’aller simple.
Par la route : L’autoroute A3 est partiellement ouverte — le trajet emprunte surtout l’A1 + DN1 via Ploiești et Sinaia. Google Maps indique 2h30–3h selon le trafic ; les week-ends, ajoutez 30 à 45 min sur la section de la vallée de la Prahova.
En circuit guidé : Pour une première visite, une excursion guidée d’une journée gère la logistique du transport et fournit le contexte aux châteaux. Consultez le guide comparatif train vs circuit organisé.
Où manger à Brașov
- Restaurantul Gustări (Piața Sfatului 14) — central, cuisine roumaine honnête. Sarmale 42 RON.
- La Ceaun (Strada Mureșenilor 26) — plats transylvaniens traditionnels ; populaire auprès des locaux et des touristes.
- Vieneza (Strada Republicii) — café pâtisserie vieille Europe centrale ; idéal pour le petit-déjeuner ou un gâteau l’après-midi.
- Deane’s Irish Pub — cité non comme recommandation de restaurant, mais comme repère : le groupe de bars internationaux autour de la Piața Sfatului est là pour trouver de la bière artisanale à 15–20 RON.
Évitez les restaurants avec serveurs agressifs en terrasse sur la Piața Sfatului — ils ciblent les touristes et les prix sont gonflés par rapport à la rue d’à côté.
La première école roumaine et l’éveil national
La Première École Roumaine (Prima Școală Românescă) dans le quartier Schei est un site historique majeur que la plupart des visiteurs ignorent. Fondée en 1495 dans un bâtiment attenant à l’église Saint-Nicolas, c’était l’une des premières institutions où les enfants roumains recevaient une éducation en langue roumaine — dans une ville par ailleurs administrée en allemand.
Le quartier Schei était le quartier où les Roumains transylvaniens étaient autorisés à s’installer en dehors des remparts saxons. Pendant des siècles, les Roumains ne pouvaient ni posséder de biens ni exercer une activité commerciale à Brașov sans autorisation spéciale — ils étaient une minorité ethnique dans leur propre région. L’école était une forme de résistance culturelle.
Le musée au sein de l’école (10 RON) conserve certains des premiers livres imprimés en roumain — le diacre Coresi imprima ici des Bibles et des psautiers dans les années 1550–1580, avec l’une des premières presses de la région. Le contraste entre cette modeste école et la somptueuse Église Noire à 200 mètres illustre le fossé entre la communauté marchande saxonne et la population roumaine dans la même ville.
Cette histoire devint politiquement chargée au XIXe siècle lorsque le mouvement national roumain utilisa la Transylvanie — région à majorité historiquement roumaine sous domination habsbourgeoise — comme centre émotionnel des appels à l’unification nationale. Brașov fut l’un des foyers de l’intelligentsia roumaine transylvanienne qui plaidait pour l’union avec la Valachie et la Moldavie, finalement réalisée en 1918.
L’Église Noire : plus qu’une architecture
L’Église Noire n’est pas seulement impressionnante visuellement — c’est aussi une institution d’un type particulier. L’Église évangélique A.B. (Confession d’Augsbourg) représente la réforme luthérienne en Transylvanie, qui s’y implanta plus tôt et plus solidement que presque partout ailleurs dans les terres habsbourgeoises.
Le personnage clé : Johannes Honterus (1498–1549), humaniste natif de Brașov qui étudia à Bâle et Vienne, revint à Brașov, imprima la première carte de la Transylvanie et introduisit la Réforme luthérienne dans la ville en 1542. Son statut de 1543 pour l’Église évangélique resta en vigueur jusqu’au XXe siècle. Le buste dans le jardin de l’église lui rend hommage.
L’arrivée de la Réforme en Transylvanie a créé le paysage religieux singulier qui persiste aujourd’hui : dans les régions occidentales et centrales de Roumanie, des communautés catholiques, luthériennes, calvinistes et unitariennes coexistent à quelques kilomètres de zones à majorité orthodoxe — résultat de la politique habsbourgeoise des confessions tolérées et de la longue indépendance de la Principauté de Transylvanie.
Brașov : informations pratiques
Stationnement : Le centre-ville dispose de parkings payants à 5–8 RON/h ; ils se remplissent vite le week-end. Le centre commercial Coresi (15 min à pied au sud) propose un parking gratuit. Des parkings municipaux à 3–5 RON/h existent en bordure est de la vieille ville.
Hébergement : Séjourner dans la vieille ville (B&B ou petit hôtel) coûte 300–500 RON/nuit en chambre double. La Casa Wagner (Piața Sfatului) et la Bella Muzica sont des options fiables de milieu de gamme.
Pour une vue d’ensemble complète de la planification, consultez l’itinéraire Bucarest et Transylvanie en 5 jours et le guide des meilleures excursions depuis Bucarest.
Foire aux questions sur Brașov
Peut-on visiter Brașov en excursion d’une journée depuis Bucarest ?
Oui — facilement. Partez vers 08h30 en train ou en voiture, arrivez vers 11h30, passez 4 à 5 heures en ville (ou combinez avec le château de Bran) et rentrez avant 20h. Les trains circulent jusqu’à environ 21h de Brașov vers Bucarest.
Faut-il une voiture pour visiter Brașov ?
Non. Le train est confortable et le centre-ville est praticable à pied. Pour le château de Bran et la forteresse de Râșnov, il faut un taxi, un bus local ou un circuit organisé. Si vous voulez visiter les trois châteaux en autonomie en une journée, la voiture est bien plus pratique.
Brașov est-il une meilleure base que Bucarest pour la Transylvanie ?
Si vous souhaitez visiter 4 châteaux ou plus en 2 jours, Brașov est la meilleure base — vous êtes à 30 min de Bran et Râșnov plutôt qu’à 2h45. Si vous voulez des expériences urbaines en plus des excursions, Bucarest est plus intéressante.
Quel est l’ancien nom de Brașov ?
Kronstadt (en allemand) ou Corona (en latin). La communauté saxonne-allemande a bâti et gouverné la ville du XIIIe au XXe siècle. Le nom allemand apparaît sur les cartes historiques et les anciens bâtiments.
Le ski à Poiana Brașov en vaut-il la peine ?
Pour les non-experts ou les familles, oui — la variété des pistes est correcte, les files d’attente sont moins longues que dans les stations autrichiennes et les prix nettement inférieurs. Pour les skieurs avancés attendant des conditions comparables aux Alpes autrichiennes, l’offre semblera limitée.
Pour une journée combinée Sinaia + Brașov, consultez le guide d’excursion à Sinaia et l’itinéraire Transylvanie en 5 jours. Pour le guide de week-end en ville : un week-end à Brașov.
Le patrimoine saxon de Brașov : le tableau complet
Brașov fut fondée en 1211 par les Chevaliers Teutoniques, puis développée par des colons saxons sous le nom allemand de Kronstadt. Le plan de la ville reflète l’organisation corporative de la communauté saxonne — chacune des 22 guildes responsable d’une section des remparts, avec le bastion défensif portant le nom de la guilde : Bastion des Tisserands, Bastion des Tanneurs, Bastion des Forgerons. Plusieurs subsistent encore.
L’émigration massive des Saxons de Transylvanie — accélérée par la politique de Ceaușescu qui vendait les Allemands à l’Allemagne de l’Ouest contre des devises dans les années 1970–80 — a fondamentalement transformé Brașov. La communauté est passée de 80 000 personnes en 1945 à moins de 5 000 aujourd’hui. Les églises demeurent ; la langue allemande a largement disparu. Parcourir les rues du quartier Schei (quartier roumain) et du vieux centre saxon donne à voir cette évolution démographique.
Le Bastion des Tisserands (Bastionul Țesătorilor, Strada Coșbuc) : l’un des bastions de guilde les mieux conservés, désormais musée de l’histoire de la forteresse de Brașov avec des maquettes de la ville médiévale (10 RON ; ouvert mardi–dimanche).
La Maison-musée Mureșenilor (Piața Sfatului 25) : demeure d’une importante famille intellectuelle roumaine du XIXe siècle — les frères Mureșanu dirigeaient le journal « Gazeta de Transilvania », central dans l’éveil national des Roumains sous domination habsbourgeoise. Entrée 15 RON.
Randonnées d’une journée depuis Brașov
Les montagnes environnantes sont accessibles depuis la ville sans voiture :
Tampa (955 m, au-dessus de la ville) : téléphérique depuis le terminus du Parcul Tâmpa ou sentier de randonnée (45 min de montée). Le panneau BRAȘOV au sommet est un reliquat de l’ère soviétique, redessiné après la chute du communisme. Café au sommet, vues panoramiques.
Parc national de Piatra Craiului (25 km au sud-ouest, via Zărnești) : une crête calcaire de 25 km avec escalade technique et randonnées accessibles sur la ligne de crête. Le sentier des gorges sous la crête part de Zărnești (village du sanctuaire Libearty) et se fait en 2h aller-retour.
Canyon des Sept Échelles (Canionul Șapte Scări, 25 km au sud près de Cheia) : gorge étroite avec sept cascades, accessible par des sections avec échelles métalliques. Circuit de 3h ; convient aux marcheurs confirmés. Entrée 25 RON.
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